Sous le regard des étoiles...

Naître, c'est mettre au monde un potentiel......; ensuite....., il faut commencer à le découvrir, pour l'accomplir...

En astrologie

convient-il de considérer le moment de la conception

ou celui de la naissance ?

Par Jacques Vanaise

 

En astrologie, nous utilisons le moment précis de la naissance d’une personne pour établir son thème astrologique. Cela suppose que son parcours de vie débute à cet instant. 

Mais qu’est-ce qui débute plus précisément ?  Sa vie psychique ?  Son interaction avec le monde et avec son entourage ?  Son histoire personnelle ? L’extériorisation de ses potentialités ?  L’accomplissement de sa personnalité ? Le déploiement de ses aptitudes ?

Or, on estime aujourd’hui que la vie psychique d’un enfant débute vers trois mois après la conception.  On sait aussi que l’enfant interagit avec son environnement bien avant la naissance, déjà in utero.

Beaucoup de recherches à ce propos et depuis une dizaine d’années ont suscité une nouvelle branche de la psychologie du développement : l’attachementisme (étude des attachements précoces du bébé dans la période périnatale.)

Mais alors : que devient notre choix de l’instant de la naissance ?

Ouvrir la question, ce n’est pas se demander s’il conviendrait d’établir le thème astrologique sur base du moment de la conception, par ailleurs impossible ou bien difficile à déterminer.  C’est plutôt nous interroger : en quoi le moment clé de la naissance reste-t-il pour nous, astrologues, significatif et « déterminant »… !?

 

Tentons d’abord de situer sur le plan astrologique toute l’importance de l’instant clé de la naissance. 

Quel est le vrai critère de notre individualité, si personnelle, si singulière... ?  Est-ce le phénomène complexe de notre nature biologique, découlant des gènes que nous avons reçus en héritage, par le prodige aléatoire de la fécondation ? 

Ou est-ce plutôt le prodige d’une émergence, celle de l’être en soi, celle de l’être pour soi…?

 

À l’instar de tout être vivant, nous traitons et nous computons (comme le font les ordinateurs) toutes les données (internes et externes) qui délimitent notre corps et ses innombrables relations avec le monde.  Ce faisant, nous nous approprions nos caractères génétiques.  Ce sont nos conditions de départ.  Celles-ci nous déterminent inévitablement (et par nécessité), tandis qu’elles nous fournissent aussi les aptitudes physiologiques qui nous permettront de recevoir, de traduire et d’interpréter les informations provenant de notre milieu.

Or, si l’astrologie ne peut ignorer l’importance de notre conditionnement génétique, de même qu’elle ne peut négliger l’impact de notre héritage social et culturel (ce qui relativise et délimite d’ailleurs son propos), ce qu’elle met plus précisément en exergue, c’est la nouveauté extraordinaire que constitue le sujet conscient.  Et de considérer aussitôt que si ce sujet dispose des performances conjointes d’un corps et d’un cerveau, il ne pourrait franchir, en quelques années, l’évolution psychique de l’humanité (jusqu’au seuil de la conscience) s’il ne bénéficiait aussi d’un apport d’ordre psychique et régulièrement associé à l’inconscient collectif.

Pour préciser en quoi consiste cet apport psychique dans le cadre de l’astrologie, mieux vaut délimiter et caractériser son champ d’application.  Ce dont s’occupe l’astrologie, c’est principalement l’univers psychique et symbolique qui sous-tend l’éclosion, puis l’expression de notre personnalité.

La structure psychique qui préfigure la manifestation d’un sujet particulier est comme un courant universel qui, à la manière d’une rivière souterraine, resurgit ou renaît en chaque être singulier. 

D’où un sens très soutenu donné à l’expression selon laquelle, à la naissance, « nous venons au monde ». 

Venir au monde, c’est ici mettre en œuvre une réponse singulière au jeu de la vie, alors même que, sur l’échiquier intérieur de l’imaginaire (lui aussi reçu en héritage), des personnages (comme dans les récits mythiques d’autrefois) nous soufflent nos différents rôles...

Les contenus de l’inconscient collectif entrent donc en fonction là où il n’existe pas encore une conscience claire de soi-même.  Il y est question d’inclinations caractéristiques susceptibles d’être prégnantes lorsque les situations et les réalités extérieures viendront les solliciter.  D’où toute l’importance accordée ici à notre part de subjectivité dans la rencontre et l’interprétation de ce qui vient vers nous…

Dans le sempiternel débat entre l’inné et l’acquis, on sait aujourd’hui que notre vie (sur un plan physique) n’est pas déterminée par nos gènes, mais par nos réactions aux signaux de l’environnement (cf. l’épigénétique). 

L’histoire d’un être vivant peut d’ailleurs être comprise comme le processus découlant de l’interaction « instructive » et coopérative entre les organismes et l’environnement. 

Que retenir ou transposer de cela au niveau de l’astrologie ?  Que nous venons au monde dans un univers physique, mais que nous y faisons aussi éclore notre part de subjectivité telle qu’elle puise ses racines dans un univers parallèle et de nature psychique.

Ceci atteste-t-il de quelque manière l’importance du déclic de la naissance et que privilégie l’astrologie ? 

C’est précisément à notre naissance que notre « ça » biologique commence à se subjectiver ; à savoir à découvrir sa nature individuelle en tant que sujet progressivement capable d’observer son rapport à la réalité. 

D’où l’idée d’un « sujet en devenir ». 

De quoi s’agit-il ?  D’un processus d’éclosion, d’actualisation et d’accomplissement qui nous anime dès la naissance.  Il y a là un véritable mouvement vers l’avant.  Celui-ci, à son tour, dépendra à la fois de la réalité du monde qui vient le faciliter ou l’annuler,  et de notre propre capacité à utiliser les situations que nous vivons, de telle sorte qu’elles nous révèlent à nous-mêmes dans notre potentiel et nos aptitudes.

Pour l’astrologie, il y a donc en nous, à la naissance, le principe d’un sujet potentiel qui aspire à se réaliser.  La référence à un imaginaire reçu en héritage et en complément à notre hérédité physiologique suggère ici que notre « sujet » ne découle pas exclusivement des innombrables processus biologiques qui nous permettent de vivre, mais qu’il est aussi la manifestation ou l’extériorisation de la psyché, telle qu’elle a évolué dans l’univers, à l’instar de la matière.

Mais se pose alors la question de savoir si cette psyché est elle-même dépendante de la matière ou si elle est un autre aspect de la réalité, émergeant au cœur d’un champ subtil qui aurait toutes les caractéristiques d’un champ quantique ? 

Ceci rejoint le principe d’un champ originel d’où sont nés les particules, les atomes, les étoiles, les planètes, les organismes vivants et l’être humain ; et d’où a aussi émergé, insensiblement, une véritable intériorité, celle dont parle précisément l’astrologie…

Faisons un pas de plus et osons l’hypothèse suivante.   Le moment très particulier de notre naissance provoque incontestablement une altération de notre intégrité physique et amniotique. 

La conjecture astrologique est de considérer, au même moment, la « mise en alerte » de notre dimension psychique jusque-là sous-jacente. 

L’incommensurable champ propre à la conscience collective, composé depuis l’aube de l’humanité, se condenserait ainsi ou se cristalliserait dans le présent unique de chaque naissance, en une sorte de bulle de temps quantique, elle-même en écho à l’état global du monde. 

Ce qui revient à dire que si, au moment de naître, nous sommes capables de saisir en quoi notre corps se distingue, dans l’espace, de tout ce qui l’entoure, nous sommes aussi et tout autrement «saisis» dans notre part d’humanité, même s’il n’y est encore question que d’un « vase à remplir ».

Il est important de souligner ici toute la particularité de notre « présence » au monde.  Si nous étions (et n’étions) que des mammifères (parmi d’autres), nous ne nous préoccuperions guère de notre compréhension de ce qui nous entoure et de la perception que nous en avons.  Ce qui nous singularise, en tant qu’être humain, c’est la conception que nous nous faisons de nous-mêmes.  En effet, nous ne percevons pas seulement la réalité de même que notre rapport à elle ; nous n’avons de cesse de nous concevoir en tant que personnes.

Ce dont il est question là, c’est d’un véritable déploiement…  De quoi ?  De nos aptitudes et de nos capacités à répondre à ce qui nous interpelle… 

Or, ce qui nous individualise là, en tant qu’être humain, c’est un processus qui favorise une sorte d’excroissance : celle d’un sujet conscient de lui-même.  Il en résulte que si notre histoire personnelle, dès les premiers pas de notre vie, se confond avec une stratification d’expériences successives, sur un mode horizontal, elle rend aussi possible la percée verticale (et progressive) de notre être même, tel qu’il s’identifie au scénario intime qui lui est donné de vivre à travers ses multiples expériences.

Dans une telle perspective (celle d’une percée de notre être), il convient de considérer en quoi cette émergence d’un sujet conscient de lui-même précise (et précipite) le seuil très particulier sur lequel un imaginaire, et non plus seulement un organisme, interagit avec la réalité. Il ne s’agit donc pas ou plus d’un rapport entre deux objets (notre corps et le monde), mais entre un sujet et son «cadre» de vie.

Certes, la gestation intra-utérine est et reste déterminante en ce qui concerne la transmission de notre hérédité (génétique).  

Observons que la conception se réalise par le jeu de quatre termes :  père ou émetteur, mère ou matrice, demi-germe passif contenu dans la matrice et demi-germe actif procuré par l’émetteur.  Le père et la mère sont dans le monde extérieur.  L’être nouveau résulte de la fusion des deux demi-germes et il se constitue en germe complet dans la matrice (devenue pour lui un monde «intérieur»).  C’est à la naissance que l’être nouveau SERA MIS AU MONDE (au monde extérieur). 

Ainsi convient-il de distinguer (temporellement cette fois) trois « niveaux » : le monde antérieur (extérieur) des parents, le monde actuel (et intérieur) de l’embryon et le monde ultérieur (et à nouveau extérieur) du nouveau-né.

La conception est un acte instantané : ce moment « présent » intègre et répète un « passé » (celui des parents et de l’espèce).  Il ouvre aussi un « avenir » différent, non répétitif.  L’homme ne répète pas l’espèce.  Il dispose en quelque sorte d’un système vivant et génétique, mais aussi d’un projet.  Celui-ci ne découle pas directement ou intégralement du niveau génétique ; il a des fondements et des attributions psychiques.

La thèse astrologique est de considérer que l’embryon humain, arrivé à maturité (et donc « prêt à naître ») a « constitué » en lui, progressivement, la compétence psychique propre à l’humanité. 

Cette compétence est évidemment conditionnée par le vécu de la grossesse et de la gestation.  À la naissance, cette compétence constitue un ensemble encore inconscient.  Le thème astral est alors utilisé comme symbolisant ce qui signe et déclenche la mise en situation de la conscience diffuse. 

Insensiblement, l’être nouveau va prendre conscience de son individualité séparée et en interaction avec un monde réel (et non plus fantasmé, comme durant la vie intra-utérine).

La clé qui différencie CONCEPTION et NAISSANCE réside ainsi (je pense) dans cette compétence psychique qui caractérise l’être humain.  Elle n’est pas acquise dès la fécondation.  Elle s’intègre dans un monde clos, dans le dedans de la gestation.  Elle constitue bien entendu un acquis au moment de la naissance et, comme telle, elle atteste un bagage, un héritage.  Mais elle ne s’anime véritablement, dans la différence d’une conscience en gestation progressive, qu’après la naissance : on passe alors de la biogenèse à la psychogenèse. 

La psychogenèse se déroule en interaction avec les données du monde extérieur.  De même que l’embryon a parcouru en raccourci toute la genèse biologique de l’espèce humaine, c’est à partir de la naissance que l’être nouveau refait le chemin de la psychogenèse de l’humanité.  Mais avec ceci de particulier qu’un noyau de conscience s’élabore, chemin faisant, dans le prolongement des tendances psychologiques générales (qui s’actualisent, année après année). 

En définitive,  en conjuguant les niveaux et phases introduits plus haut, nous en venons à concevoir deux plans : un intérieur et un extérieur. 

La dynamique générale du temps (y compris du temps astral) explique à la fois la gestation d’une compétence (celle qui caractérise l’enfant « prêt » à naître)  ET  le moment clé où cette compétence (génétique et psychique) commence à interagir avec le monde humain extérieur (et avec ses facettes sociales et culturelles).

La fécondation décide de la gestation d’un corps à naître ; la naissance décide d’une psyché en devenir.

Nous pourrions en rester là, satisfaits d’avoir démontré la validité et l’importance, en astrologie, du moment de la naissance.  Mais ce serait ignorer le point de vue scientifique à propos de la vie « in utero », point de départ de notre question initiale et du débat que nous avons tenté de mener.  Faisons donc le point sur ce que nous savons de mieux en mieux sur la vie intra-utérine.

Très longtemps, on ne pouvait guère que faire des hypothèses quant au « monde fœtal », tant il n’existait pas de moyen « technique » pour visualiser et pour investiguer la réalité du fœtus.

Bien plus récemment,  grâce aux progrès de la technologie et de la recherche, se sont développés deux champs d'investigation.  D'une part, une évaluation biologique, génétique et médicale  du développement de l’embryon, puis du fœtus.  D’autre part, un investissement médical destiné à la prévention. 

Parallèlement à cette médecine « prénatale », on ne peut évidemment ignorer le développement de théories psychologiques visant à déceler une continuité psychique avant et après la naissance.  Non sans préciser tout de suite qu’en raison du caractère surtout médical de ces investigations, la plupart de ces recherches et travaux se sont organisés autour d’un postulat ou d’une règle : les connaissances biologiques se doivent de présider aux interprétations psychologiques.  Ce qui constitue un a priori : rien ne saurait véritablement être pris en compte qui ne soit attesté au niveau strict de la physiologie…

Mais poursuivons le relevé de ce qu’il est possible de dire à propos de « la vie » du fœtus. 

Il apparaît à présent qu’il est capable de répondre à toute une variété de stimulations intra et extra-utérines.  D’où cette conclusion : ses compétences physiologiques le mettent en relation avec son milieu par les organes des sens.

Mais si le fœtus est doué de compétences physiologiques, pouvons-nous lui reconnaître, et comment, des compétences psychologiques ? 

Pour tenter une réponse, on a notamment enregistré au cours de séances expérimentales (et prénatales) les battements cardiaques de la mère, considérant qu’ils constituent pour le fœtus des stimulations acoustiques.   Puis on les a fait entendre au nouveau-né (extra-utérin donc) pour constater que celui-ci répondait variablement selon qu’il percevait, dans ces battements de cœur, l’état détendu ou agité de sa mère.  D’où le postulat d’une relation émotionnelle au sein même de l’entité mère – fœtus, non seulement au cours de la vie néo-natale, mais aussi au cours de la vie prénatale.

Ces mêmes réponses de la part du nouveau-né sont négligeables lorsqu’en situation de contrôle on lui fait entendre les battements cardiaques d’une mère qui n'est pas la sienne.  

Ainsi, tout se passe comme si le nouveau-né était en mesure de distinguer un battement de cœur qui n’est pour lui qu’un bruit de fond de celui qui suscite en lui des réponses plus significatives.  Ce qui introduit l’hypothèse d’une véritable relation émotionnelle.

Un pas de plus est franchi lorsque, sur base de ces recherches, on en déduit l’existence prénatale de certains « états du moi ». 

Bien entendu, la « science » médicale ou physiologique aborde ces états émotionnels sous un angle spécifique.  Pour elle, c’est spécifiquement et à la fois dans le cerveau, dans le Système Nerveux Autonome (SNA) et dans le Système Endocrinien qu’il s’agit de déceler des éléments  fondamentaux et nécessaires quant à l'élaboration de ces états émotionnels.

La mère et le fœtus n'ont évidemment pas en commun un seul et même cerveau.  Ils disposent chacun d’un système nerveux autonome et leurs échanges se font uniquement au niveau neuro-hormonal, à savoir au niveau d’une interaction chimique.

C’est ainsi que l’état émotionnel négatif ou anxiogène de la mère « produit » une décharge hormonale dont il peut résulter, chez le fœtus, un sentiment de frustration psychique. Le stress maternel peut donc conduire à des altérations fonctionnelles fœtales qui, à leur tour, peuvent occasionner des effets négatifs sur le comportement moteur, composante principale du développement physiologique et psychologique du fœtus.

On parle alors d’une syntonisation négative, à l’exemple d’un réglage de fréquences entre un émetteur et un récepteur. 

Cela suffit-il pour établir une élaboration mentale et psychologique susceptible de précéder les réponses du fœtus ?

Lorsque le fœtus ressent les émotions positives ou négatives de sa mère, c’est tout d’abord en raison de la décharge hormonale considérée plus haut.  Quant à s’engager plus avant et à suspecter une implication psychologique, il convient de montrer en quoi le processus « perceptif » propre au fœtus peut être décrit en termes de « sentiment ».  Or, ce qui importe dans cette notion de « sentiment », c’est moins la réponse physiologique (qu’on peut effectivement observer) du fœtus que la façon propre au fœtus de répondre à ce qu’il perçoit… Ce qui, de toute évidence sous-entend un processus plus subtil d'élaboration.

Pourquoi ai-je écrit « déjà » ?  Parce que je suis tenté de préfigurer ici la théorie astrologique et plus précisément sa version psychologique où, nous le savons, il ne s’agit pas vraiment de considérer les situations vécues et les événements qui surviennent sur notre chemin de vie, mais plutôt ce qui nous conduit à leur donner du sens.

Revenons-en à ce qui se passe au niveau physiologique.  En résumé, chaque fois que la mère vit un état émotionnel, le fœtus reçoit une stimulation.  À partir de là, il envoie une réponse précise à sa mère.  Mais l’état émotionnel du fœtus peut-il, à son tour, induire un état émotionnel chez sa mère?  

On pense aujourd’hui que la relation « mère-fœtus » pourrait être réciproque.   Ainsi,  si l’ensemble du processus commence par la mère, il continue chez le fœtus et il se termine par une réponse émotionnelle à partir duquel le fœtus induit, à son tour, un état émotionnel chez sa mère.

Cette relation « mutuelle » s’élabore tout au long d’un processus de croissance que nous serions tentés de mettre en parallèle avec ce qu’en psychologie nous appelons l’histoire de la personne.

En neuf mois, le futur « nouveau-né » se développe à partir d'un tout petit bout indifférencié de protoplasme jusqu'à devenir un être bien défini, muni d'un cerveau complexe, d'un système nerveux et d'un corps.  Parallèlement, il passe d'un « état » supposé insensible à celui d'un être capable d’élaborer des sentiments et des émotions très complexes et très nuancées.  Certains auteurs voient là une première élaboration du « moi ».

De fait, chaque moment de la vie intra-utérine constitue une expérience que le fœtus mémorise et, dans une certaine mesure, sans doute, qu’il réorganise.  Cette expérience du fœtus est parfois considérée comme un premier stade du moi désigné comme étant le « moi prénatal ». 

Or, une analyse dynamique du « moi » en évolution, comme nous le faisons dans le cadre de l’astrologie (notamment lorsque nous voyons dans les secteurs les stades de notre développement psychique), implique que le « moi » est l'instrument que nous utilisons pour « regarder »  notre propre monde interne et pour entrer en relation avec le monde extérieur. 

Ce rappel devance le propos central de cet article : comment considérer le plus justement possible l’importance de l’instant clé de la naissance ?  Ce qui revient à nous interroger sur le « quand » et le « comment » notre « moi » commence véritablement à se percevoir comme tel, face au monde et en relation avec lui.

Si nous considérons que le « moi » est principalement le résultat de notre relation avec le monde externe, nous nous devons d’y privilégier des relations interpersonnelles.  En cela, si notre moi découle de ce que nous ressentons, de même que de nos désirs et de nos pulsions, il est aussi et peut-être surtout le résultat de nos expériences.  En cela, nos prédispositions ne constituent que la face intérieure de notre « relation au monde », les réalités extérieures venant les susciter, les avantager ou les contrarier.

Quoi qu’il en soit, la question qui importe ici est de savoir, dès lors qu'un être vivant (un fœtus, en l’occurrence) possède des caractéristiques physiques et biologiques qui lui permettent d'être en interaction et de répondre à des stimuli, … de savoir si le « moi » peut ainsi (et déjà) apparaître.  

Cela supposerait que le fœtus fait déjà l'expérience de son existence corporelle et psychique, en dualité, en contraste ou en face à face par rapport à ce qui le stimule et le sollicite.  En clair, ceci implique « in utero » le processus complexe d’une relation entre le « moi » et le « monde ».

Dans le cadre de notre réflexion, la question qui se pose est évidemment de savoir « quand » cette relation « commence » véritablement ; étant sous-entendu que, pour l’astrologie, elle débute au moment de la naissance.  Nous y reviendrons.

Dans le cadre plus « scientifique » d’une observation de ce qui se passe après le 4e ou le 5e mois de grossesse, on constate que le fœtus sent, touche, bouge et même répond de façon créative aux expériences émotionnelles de sa mère.  Il réagit à des stimulations internes (intra-utérines) et externes.  Le fait même de « réagir » suppose qu’il est un protagoniste actif de sa vie.

Mais le « moi » prend-il ainsi son origine dès la vie fœtale ?

Convenons que par le biais de ses capacités sensorielles, le fœtus élabore des réponses sensorielles aux stimulations internes et externes.  La question cruciale qui se pose ensuite est celle d’une signification objective donnée à ce « contact », contact vers l'intérieur, contact vers l'extérieur et surtout contact « dans la relation ».

Fondamentalement, l’expérience d’un contact avec un « objet » (l’objet étant ici « ce qui n'est pas moi ») est à la base même de la conscience sensorielle.  Ce contact s’élabore assurément dans une zone « limite » entre l'organisme et son environnement. 

Que disons-nous dans le cadre de l’astrologie ?  Que chaque fonction humaine, désignée notamment par une « fonction planétaire », se déploie au cours de notre histoire dans un processus d'interaction socio-culturelle.  Notre interrogation se précise alors comme ceci : les capacités de perception et de réponse propres au fœtus sont-elles du même ordre que celles qui, chez le nouveau-né, orientent ses relations avec l’objet du monde, tout en développant son sentiment intime d'individualité ?  

Répondre par l’affirmative, c’est supposer que  le  « moi – fœtus » se sent d’emblée immergé dans quelque chose qui n'est pas lui…   En corollaire, ce « moi » prénatal serait progéniteur du moi « post-natal ».

Nous pourrions être tentés de dire que notre expérience utérine explique la réalité de nos prédispositions, à la naissance ; prédispositions qui nous conduiraient à composer sur un mode personnel et spécifique avec les situations que nous rencontrons et que nous vivons…  Ce qui supposerait que nous accordions au fœtus sa propre identité génétique et biologique, mais aussi sa propre identité psychologique.

Mais peut-on véritablement transposer ce que nous savons de la structure de la psyché au niveau d’une probable vie psychique intra-utérine ?  Certes, l’expérience du monde intra-utérin est le lieu même où s’élaborent et s’impriment les potentialités du développement psychique.  Il y est question de relier étroitement la « psychogenèse » d’une personne aux différentes étapes de son développement intra-utérin, tel que le décrit l’organogenèse.

Dans la mesure où l'organogenèse concerne la phase de formation de nos organes au cours de notre développement embryonnaire (de la 4e à la 5e semaine), on peut évidemment la considérer comme bien antérieure aux aptitudes de perception, de réaction et de réponse propre au fœtus et dont il a été question plus haut.  C’est pourtant là que se manifestent les extraordinaires compétences inscrites dans le génome humain et qui permettent à un corps de se constituer à mesure que se manifestent les structures de l’organisme en cours de développement.

Il est indéniable que les dimensions génétiques, psychiques et même socio-psychologiques qui caractérisent l’être humain sont à considérer ensemble, d’autant plus que, non seulement elles  s'additionnent (dans une proportion variable, il est vrai), mais qu’elles interagissent profondément.

Rappelons toutefois que la psychogenèse correspond avant tout à l'édification du psychisme au cours de la vie.  C'est ce que l'on nomme une « épigenèse » par opposition à la « phylogenèse » qui met en jeu l’hérédité physiologique. 

Précisons aussi qu’au cours de l’épigenèse, l'embryon d'un être vivant se développe par multiplication et différenciation cellulaire progressive, et non à partir d'éléments préformés dans l'œuf.   Ceci est à mettre en parallèle avec notre conception de l’astrologie selon laquelle nos caractères humains et notre personnalité ne sont pas « préformés » tels quels dans notre thème de naissance, mais qu’ils se manifesteront progressivement au cours de notre histoire.

Or, qui dit histoire psychologique et processus de développement psychique, suppose l'inévitable impact de l'environnement (familial, social et culturel) et aussi de l'éducation.  L’idée d’une genèse et d'une évolution du psychisme tout au long de l'enfance est ici un élément essentiel pour progresser dans notre réflexion.

Notre psychisme ne surgit pas « tout fait » à notre naissance.  Il se construit au cours de notre enfance et notre adolescence ; et il est l'objet de remaniements pendant toute notre vie adulte. 

Cette organisation est déterminée au croisement de notre vie relationnelle, de notre développement somatique et de la dynamique propre au psychisme.  Or, celui-ci dispose, à l’instar de ce qui se passe pour le développement embryonnaire de notre organisme, d’une auto-organisation qui nous conduit chacun à nous structurer à travers des stades existentiels, tels que décrits par la psychanalyse et tels aussi que nous pouvons les reconnaître dans les secteurs (ou maisons) astrologiques.

Mais la thèse de l’astrologie est d’aller plus loin que la prise en compte d’une expérience intra-utérine, approchée plus haut, et qui « expliquerait » l’émergence progressive de notre « moi ». 

En astrologie, aussi bien qu’en psychologie dite « des profondeurs », il est question d’un héritage psychique régulièrement associé à l’inconscient collectif.

Cet héritage psychique est le versant complémentaire de l’héritage des instincts humains.  Il introduit une conception hiérarchique du vivant, en ceci qu’au cours de l’évolution physique et physiologique des espèces vivantes, se précise l’émergence de la conscience en l’homme.

Comme on le sait, il en résulte que cette conscience (et, plus singulièrement encore, cette conscience de soi-même) conduit l’homme à se détacher progressivement de la nature, à mesure que, par-delà sa dimension somatique, se précise une dimension psychique qui ne saurait être entièrement ramenée à la précédente.  D’où l’option quasiment philosophique qui consiste à ne pas réduire l’homme à un complexe psychosomatique, pour lui accorder une dimension noétique.  Autrement dit, le « sujet » conscient ne se définit pas seulement comme le prolongement de ses expériences physiologiques et émotionnelles, mais dans son aptitude à manifester et à exprimer ce qu’il reçoit d’un fond commun qui est de nature psychique.

À ce propos, relevons que la démarche actuelle des neurosciences consiste à situer l’essentiel de la pensée et de la conscience dans l’activation des différentes régions du cerveau.  Or,  si l’activité du cerveau peut être effectivement mesurée, cette mesure appartient au domaine matériel.  Ainsi la description des processus cérébraux ne nous renseigne pas véritablement sur le vécu intime d’une personne et ne nous dit rien de la conscience qu’elle en a. 

Pour situer cela dans le cadre mentionné plus haut de nos divers héritages, il convient, une fois de plus, de différencier l’apport génétique qui, bien entendu, ne manque pas de structurer notre physiologie, et un autre processus tout aussi essentiel et qui intervient à partir de la naissance.  Il s’agit d’une mise en œuvre progressive des aptitudes inscrites dans la structure cérébrale à travers les informations que nous recevons du monde et plus précisément de notre environnement humain.

En cela, notre potentiel humain est suscité, éveillé et actualisé par d’autres facteurs, dont principalement des facteurs ou incitants culturels.  En effet, nous sommes en perpétuelle interaction avec notre environnement.  Cette interaction est loin de se limiter à des incitants physiologiques et à des réponses émotionnelles.  Sa principale caractéristique est de se situer au niveau d’une aptitude humaine essentielle : le langage qui, évidemment, se reconnaît aussi chez nombre d’espèces vivantes, mais qui, chez l’homme, prévaut pour construire la subjectivité.

Ainsi, au moment de la naissance, nous avons d’emblée affaire au langage.  Tout se passe en effet comme si le cerveau humain n’avait aucune efficacité en dehors de la parole qui est adressée, non à un organisme susceptible de percevoir des états émotionnels et d’en manifester à son tour, mais à un sujet pensant et parlant.  Ceci indique que la personnalité de l’adulte ne découle pas fondamentalement de ses seules particularités génétiques et de son histoire intra-utérine, mais aussi, et sans doute surtout, de sa propre prise de parole.  De fait, le déploiement de notre subjectivité se produit parce qu’il y a là, devant nous, face à nous, l’autre qui, par sa parole, suscite une seconde naissance chez le petit de l’homme…

À partir de là, on peut distinguer deux lignées de développement de la « personne » humaine : une lignée « objectale » et une lignée « narcissique ».  

Chacune de ces deux lignées correspond à la construction et au développement d’une expérience : celle du corps physique et émotionnel, et celle du sujet lui-même.  

Or, l’astrologie dispose parmi ses symboles d’un double foyer particulièrement éloquent à ce propos : la Lune et le Soleil.  Comment ne pas y voir, d’une part, un premier niveau de relation mettant en œuvre nos récepteurs sensoriels et émotionnels, y compris au cours de notre développement intra-utérin ; et, d’autre part, un second niveau qui concerne plus précisément l’ontogenèse du sujet conscient. 

Ce dernier est évidemment le prolongement d’empreintes constituant autant de jalons dans l’éveil des aptitudes physiologiques et émotionnelles ; mais il se déploie surtout à partir du moment où il se s’agit plus seulement d’additionner des moments émotionnels plus ou moins fluctuants, mais de les synthétiser autour d’un centre qui entend se préciser et se maintenir tout au long de la vie.  Ce centre forge en nous, évidemment, la conscience d’être une personne à part entière, un être conscient de lui-même, un moi unifié, ce que symbolise parfaitement la fonction solaire.

À ce propos, resituons brièvement l’expérience psychologique propre au Secteur V que nous mettons en correspondance analogique avec le signe du Lion et avec le Soleil. 

Il y est question, pour chacun d’entre nous, d’objectiver notre propre image en vue de consolider notre identité en tant qu’être distinct et spécifique.  Pour la psychanalyse, ceci se réalise notamment par l’unification de notre schéma corporel, à mesure que l’enfant reconnaît sa propre image ; ce qui le conduit à comprendre que sa « réalité » ne se limite pas à ce qu'il ressent, dès lors qu’il est perçu par autrui comme une personne distincte.

Cette expérience, de même que celle du miroir, ont de nombreuses conséquences sur le développement de la personnalité de l’enfant, à mesure qu’il prend conscience de son unité individuelle, en passant de l’expérience d’un corps morcelé (à travers de multiples perceptions, sensations et expériences diverses) à une image unifiée. 

Dès lors, en s'appropriant sa propre image, il met en place un « je spéculaire » (relatif au miroir) et dans une certaine mesure, « idéal » qui servira de fondement à son sentiment de présence et de relation aux autres.

À ce titre, on peut considérer que si les expériences prénatales sont assurément stratifiées dans notre psyché et dans notre mémoire, elles sont surtout chargées de significations biologiques et émotionnelles.  Il s’agit là, bien entendu, d’une époque précise dans l'histoire d'un individu, mais qui se caractérise par une juxtaposition d' « états du moi ».

Il en résulte un moi prénatal, fruit de l'assemblage dynamique des émotions, des sentiments et des expériences propres au  fœtus.   Nous pouvons y voir un premier processus de maturation psychologique de chaque individu.   Mais la question est de savoir si le fœtus a la capacité d'être le protagoniste actif de son développement, ce qui supposerait qu’il est en mesure de « se » représenter par rapport au monde intra-utérin qui l'enveloppe et d’élaborer ses réponses de façon créatrice, personnelle, voire « indépendante »… 

Pour répondre à cette question, nous pouvons reprendre une notion pressentie plus haut, celle de l’objectivation de l’expérience.  Cette objectivation est plus évidente lorsqu’on considère la dualité « intérieur – extérieur », ou encore « moi – monde ». 

Certes, le fœtus a la capacité d'établir un contact avec ce qui est à l'extérieur de lui.  Mais la question est de savoir si cet « extérieur » est déjà pour lui un « objet ». Il reçoit et perçoit évidemment des signaux sensoriels provenant du milieu qui l’environne, mais celui-ci est-il perçu en tant que tel ou vécu comme une sorte de prolongement de soi-même ?

Nous ne pouvons remettre en cause le fait évident que de nombreux stimuli font du fœtus un être multiplement informé.  Quant à l’importance du moment clé de la naissance, il y a lieu d’y voir un saut décisif à partir duquel un être vivant deviendra progressivement une personne à part entière.

Ce qui est très particulier, c’est qu’au cours de la vie prénatale, l’ensemble du fœtus et de ses annexes constitue un être vivant unitaire. 

En effet, le fœtus et ses annexes (dont le placenta) s’édifient à partir de l’œuf fécondé.  La bulle amniotique qui protège le fœtus a donc la même origine que lui-même.  Dès lors, à l’instant de la naissance et dans la perte de la situation intra-utérine, il y a (aussi) la perte de l'amnios (qui est une annexe embryonnaire, le placenta étant d'origine fœto-maternelle).  Cela produit un changement brutal dans le dispositif respiratoire et impose immédiatement l’adaptation à la respiration aérienne ; ce qui, à plusieurs égards, contraste avec l’ineffable sécurité de la douceur amniotique…

Le nouveau-né se rend-il directement compte de la perte d’une partie de son être et vit-il en quelque sorte le syndrome du membre amputé (dit aussi membre fantôme) ? 

En astrologie, la conscience symbiotique du nouveau-né (que nous pouvons situer dans le secteur XII, là où il n’existe avant la naissance aucune relation d’objet ; relation qui se précisera dans le secteur II) rassemble encore et pour un temps le « moi » et le « monde » dans une unité indivisible, ce qui conduit le nouveau-né à (encore) percevoir son environnement comme partie intégrante de sa personne…

Nul doute que le « petit homme » a besoin d’un certain temps pour se remettre complètement du préjudice que la naissance lui a fait subir dans sa chair. 

Séparé désormais de ce qui constituait son environnement, il perçoit tout d’abord son nouveau « cadre de vie » comme une partie intégrante de sa personne.  Survient alors l’intuition (source d’angoisse) de ne plus être « un », dès lors que l’élaboration du moi conscient se fera en dualité avec le monde extérieur.  En corollaire vient aussi le sentiment progressif que, tant sur le plan sexuel qu’affectif, c’est dorénavant « à deux » qu’il sera possible de recouvrer la plénitude de l’unicité…  Nous pouvons y associer les différentes fonctions astrologiques conduisant le petit de l’homme à retrouver la quiétude du cocon protecteur (Lune), la satisfaction du lien amoureux (Vénus) et aussi la quête d’une immersion dans l’infini ou le divin (Neptune). 

Le nouveau-né n’aspire cependant pas à cette seule « fusion ».  L’activation de ses centres nerveux supérieurs, grâce à l’oxygénation des cellules cérébrales, le conduit peu à peu à objectiver la dualité « milieu propre » et « milieu extérieur ».  Il y est question d’une reconquête de l’unité à travers, cette fois, l’affirmation de son intégrité (Mars), puis l’intégration de son identité (Soleil), à l’opposé d’une régression lunaire ou neptunienne qui inverserait l’émergence du moi conscient, pour retrouver le paradis perdu de l’existence embryonnaire.

Le paradoxe est sans doute qu’au moment le plus originaire, à savoir avant la différenciation et la spécialisation de nos cellules, dans la complète plasticité de l’œuf fécondé, aussi bien qu’avant la distinction sexuelle qui suppose la négation d’une partie des attributs de l’autre sexe, … qu’à ce moment donc l’élan vital est à son apogée, le potentiel vivant se trouvant là exempt de doute et d’incertitude, l’être étant dans l’instant initial, non encore devenu et son avenir lui appartenant complètement…

En revanche, dès les premiers pas de la vie postnatale, l’être en développement se complexifie de plus en plus, au point de se singulariser et d’aspirer à une nouvelle forme d’unité, celle du moi qui, se servant de l’acquisition la plus récente de l’évolution : le cortex, répond aux sollicitations du monde et, ce faisant, manifeste, exprime et authentifie sa propre réponse au jeu de la vie.

Le moi émerge ainsi peu à peu grâce à l’incidence du milieu, chaque situation nouvelle sollicitant l’entrée en action des appareils innés sur le plan physiologique, mais aussi la mise en œuvre de réponses personnelles, ce qui fera apparaître progressivement des attitudes qui ne consistent pas seulement en la manifestation de traits « de caractère », mais qui deviennent de plus en plus de véritables signaux d’intentionnalité.  C’est en cela que chaque réponse, qu’elle soit spontanée ou conditionnée, devient l’occasion pour le sujet lui-même de découvrir ses spécificités.

À mesure que celles-ci se précisent, l’ajustement auto protecteur du sujet « naissant » ne recherche plus vraiment une fusion amniotique, mais la possibilité de définir et d’affirmer son « moi ».  Cela se réalise selon des séquences ou stades susceptibles de structurer l’expression de la personnalité.  Parmi ces phases structurantes, le secteur V est celui où (comme nous l’indiquions plus haut) l’image morcelée des expériences vécues s’unifie en un tout organisé ; ce qui favorise (notamment dans le jeu du miroir) une représentation progressive de soi-même.  Ceci revient, pour l’enfant, à se reconnaître comme un être à part entière parmi d’autres êtres différenciés.

Tout ceci ne peut que nous conforter dans l’idée que, dès lors que nous nous intéressons à l’élaboration d’une personne distincte, c’est à partir de la naissance que nous pouvons observer la mise en œuvre des processus qui organiseront l’identité. 

Si la maturation biologique et intra-utérine de l’enfant « prêt à naître » reste déterminante, c’est son ouverture sur le monde et sur ses réalités sociales et culturelles qui met véritablement en œuvre sa manière toute personnelle et subjective « d’être au monde ». 

Ce qui nous conduit à situer, voire à délimiter l’apport de l’astrologie : son langage symbolique schématise (met en schéma) le processus par lequel nous nous investissons dans la relation au monde et aux autres, processus grâce auquel nous apprenons à nous con - naître, en tant qu’être unique et singulier.