10. Et si, plutôt que d’être considérée comme un archaïsme, l’astrologie préfigurait un nouveau paradigme décrivant notre présence et notre rôle dans l’univers ?

 

Tout au long de son histoire, l’astrologie n’a peut-être fait que pressentir un paradigme susceptible d’éclairer le champ à la fois physique, psychique et symbolique de notre interaction avec le monde.  

Envisager cette conjecture ne présume pas que le modèle astrologique est complètement abouti.

Dès notre « venue au monde », nous sommes le produit d’un mélange entre l’inné et l’acquis.  L’un relève de notre hérédité biologique ; l’autre découle de facteurs propres à notre environnement culturel et à notre histoire. 

Mais, pour l’astrologie, « venir au monde », c’est aussi mettre en œuvre un échiquier intérieur, fait de figures symboliques provenant d’un fond universel et qui nous soufflent nos différents rôles... 

D’où l’idée d’un «arrière-monde» de nature psychique et qui s’apparente à l’imaginaire.

Face à la défiance moderne envers cet imaginaire, l’astrologie réhabilite la réalité vivante des archétypes.  Ce qui introduit un troisième terme à la charnière de nos activités neurologiques et de la réalité tangible du monde. 

Nous sommes là, véritablement, dans un «entre-deux».  Celui-ci est le lieu grâce auquel s’exprime un champ subtil qui, à l’instar des processus quantiques, articule ce qui est potentiel (l’onde) et ce qui s’actualise (la particule).  Ce qui revient à dire que si objectivement chacune de nos expériences atteste une activité physiologique (et neuronale), elle est aussi l’occasion d’une émergence.

Celle-ci relève d’un monde suprasensible qui n’est pas la réalité reconnue par les instruments physiques, mais un inter monde entre le sensible et l'intelligible. 

Considérons que la prise en compte de cet imaginaire réclame une mutation au cœur même des sciences.  Il y est question de dépasser les limites du physicalisme selon lequel le paradigme classique de la physique est le seul langage qui convient à toutes les sciences, y compris aux sciences humaines.

L’homme n’a cessé de chercher à comprendre ce qu’il est et d’où il vient. Or, la prospection de notre univers intérieur présente des analogies avec l’exploration du monde quantique.  Ainsi, d’un côté notre subjectivité interprète les situations vécues ; de l’autre, en physique quantique, l'observateur modifie les résultats de ses expériences.  D’où notre perplexité quant à la nature profonde du réel, en deçà de l’apparence des choses. 

Aujourd’hui, nous ne pouvons contester cette évidence : depuis que l’univers existe, l’investissement progressif de l’énergie élémentaire, présente dès à l’origine de l’univers, a engendré des capacités d’adaptation et de manifestation toujours plus complexes. Le résultat est notre monde intérieur, doué de conscience. 

À cet axiome, l’astrologie ajoute sa propre hypothèse de travail qui consiste à penser que les réalités objectives et les expériences subjectives trouvent leur origine et leurs connexions à un même niveau subtil (quantique ?) qui ne peut que « se montrer », à la fois dans la densité (si trompeuse) des réalités objectives et dans l’efflorescence de notre imaginaire. 

D’aucuns ne verront là qu’un malentendu faisant l’affaire des mystiques en mal d’arguments scientifiques et des physiciens spiritualistes en peine de spiritualité...

Et si, pour une fois, les intuitions les plus audacieuses n’étaient pas nécessairement fausses… ?