9. Les connaissances actuelles (en physique, en astronomie, en neurologie ou en psychologie) remettent-elles en cause le propos de l’astrologie ou contribuent-elles à l’établir ?

 

Le progrès des connaissances découle d’un accroissement quantitatif.  Mais, il est aussi le fait d’un mouvement en spirale, avec la remise en cause de ce que l’on croyait fondé jusque-là. 

Chaque théorie est (ou devrait être) biodégradable.  Chaque étape de la connaissance est conditionnée par les moyens (techniques et conceptuels) disponibles à un moment donné, avec le risque d’approximations, voire d’erreurs dues à ces mêmes moyens.

L’astrologie contredit-elle cette fragilité des certitudes, dès lors qu’elle se réclame d’une tradition millénaire, comme si ses postulats traversaient immuablement les siècles?

Plusieurs révolutions coperniciennes ont transformé les méthodes scientifiques, bousculé les idées philosophiques et révélé les vraies dimensions psychologiques et biologiques de l’humain.  Alors, l’astrologie poursuivrait-elle malgré tout son petit bonhomme de chemin, comme si de rien n’était ?

Les principes fondamentaux de l’astrologie furent tout d’abord présumés de façon carrément intuitifs ; puis, mis en images par le mythe.  Tout était alors expliqué à partir de quelques vérités surnaturelles, placées en dehors, au-delà, au-dessus de la réalité vécue.  Puis, l’approche objective et raisonnée des phénomènes naturels triompha de ces conceptions primitives et magiques.  Si bien qu’à leur tour les astrologues s’appliquèrent à rechercher des preuves scientifiques, alors que la science n’accordait aucun intérêt à leur discipline.  Ce faisant, les astrologues se sont fourvoyés dans ce qu’ils ne pouvaient démontrer : une relation objective et mesurable, de cause à effet, entre nos humeurs changeantes et le ciel.

L’astrologie doit-elle se prêter à un protocole de recherche dont les méthodes et les outils visent, avant tout, à analyser l’objectivité des choses ?  Ne s’agit-il plutôt, pour elle, de témoigner subjectivement du continent immergé où se déploient les fastes de notre imaginaire ? 

Le pas de plus dont a besoin l’astrologie est de pouvoir relier trois perspectives : la philosophie de l’être (ontologie), la pratique de la vie (psychologie) et la relation subtile avec l’univers (physique quantique). 

En ce début d’un nouveau millénaire, cela n’est plus complètement absurde.  En effet, d’autres théories ouvrent aujourd’hui un champ exaltant de réflexions à partir de notions essentielles comme la complexité, l’auto organisation, l’intrication et, surtout, l’émergence… 

Ensemble, ces nouvelles théories autorisent à dépasser le champ strict des sciences (dites) exactes. Désormais, l’univers n’est plus un assemblage de briques s’additionnant les unes aux autres selon des lois élémentaires.  Continuer à le penser, c’est ne pas tenir compte de la complexité des systèmes vivants et des êtres pensants ; complexité qui reste hors de notre portée tant que nous ne brisons pas le mur artificiel dressé entre la science et la méta physique.

En un sens, c’est un peu ce que fait l’astrologue : allier raison et intuition ; relever avec exactitude une figure du ciel et en parler ensuite comme s’il s’agissait d’un paysage métaphorique. 

Toutefois, même si de nouvelles disciplines ouvrent à l’astrologie de nouveaux horizons, on ne peut confondre convergence des idées et similitude, au risque de manipuler naïvement des théories pour servir la cause de l’astrologie. 

Relevons tout au plus la prise en compte du seuil très particulier où se juxtaposent les deux versants d’une unique réalité, là où interagissent un champ d’énergie et un champ d’informations… 

Constatons aussi l’idée extrêmement innovatrice selon laquelle l’univers serait fait d’un seul tenant, la matière et la conscience y apparaissant comme les deux aspects complémentaires d’une même réalité. 

La représentation du cosmos comme une mer sans réelles frontières et où (en termes quantiques) il n’existe pas d’objets isolés ni d’événements indépendants, mais seulement des ondes qui se superposent à l’infini…, cette représentation rejoint le paradigme de l’astrologie, notamment lorsqu’elle considère, à travers son discours symbolique, à la fois un versant physique soumis aux lois macroscopiques de la causalité et un versant psychique, opérant depuis notre imaginaire et dont les facultés ne sont pas limitées au fonctionnement de nos organes sensoriels.