8. Le propos de l’astrologie est-il de prédire les événements ou est-il de nous accompagner dans la compréhension de ce qui fait sens dans notre vie ?

 

Jour après jour, nous observons comment se concrétise à l’extérieur ce qui nous anime à l’intérieur.  À ce titre, les situations et les circonstances qui caractérisent notre histoire personnelle sont des indices : en observant ce que nous vivons, nous comprenons comment nous fonctionnons.

Nous sommes évidemment en relation constante avec la réalité qui, en contrepartie, nous sensibilise et nous interpelle. Pour nous en parler, une certaine astrologie se plait à nous soumettre à un scénario intime. 

Celui-ci ne veut rien dire tant qu’il n’est pas expérimenté et vécu dans les faits.  Ce qui, précisément, nous accorde une fameuse marge de manœuvre.

Ceci n’a rien de magique.  Pour devenir une personne à part entière, nous devons nécessairement concrétiser ce que, tout d’abord, nous ne sommes qu’en potentialité.  C’est comme pour la plaque photographique : le papier imprimé doit passer dans le produit révélateur pour que l’image se précise. 

Il s’agit là d’une véritable psychogenèse de notre personnalité qui nous fait passer d’un état à un autre, d’une activité à une autre, tout en manifestant ce qu’au départ nous ne nous sommes que virtuellement.  Cela suppose un échange constant entre ce qui ce passe en nous et les situations ou les circonstances qui se présentent à nous.  Or, cette sorte de dialectique entre notre potentiel et les événements concerne bien moins les faits eux-mêmes que notre manière de les vivre. 

Trop souvent, l’astrologue annonce à son consultant que « quelque chose » va se produire dans tel ou tel domaine de sa vie.  Ce faisant, il anticipe une situation, mais en oubliant que celle-ci ne peut qu’illustrer la disposition psychologique qui s’y investit.  Ainsi, chaque « objet » mentionné par une maison astrologique (l’argent, le frère, la sœur, le couple, le voyage, le métier…) n’est pas la cause de ce qui nous arrive ;  il ne peut être que la métaphore d'une attitude que nous manifestons en telle ou telle occasion. 

Dès les premières années de notre vie, notre psyché est véritablement mobilisée dans une relation particulière au monde.  Mais, ce parcours n’est pas une fin en soi ; il n’est que l’occasion pour susciter nos outils personnels de croissance.  En cela, si nous sommes tout d’abord et inévitablement saisis par le monde, il nous revient ensuite de saisir « qui » nous sommes, puis de nous emparer du monde pour nous y accomplir. 

Dès lors, on comprend la forfaiture d’une astrologie qui se contente de désigner, par avance, la succession des événements, sans même valider le rôle central de la personne qui les rencontre et qui est sensée les aborder avec toujours plus de conscience.  L’annonce ou la précision des faits, comme s’ils étaient extérieurs à nous et inscrits sur une ligne du temps, maintient le consultant dans la dépendance à « ce qui lui arrive »… 

Ces quelques considérations ont ceci d’essentiel qu’elles inversent complètement le rapport existant entre ce que nous sommes et ce qui se produit dans notre vie. 

L’astrologie y voit la dialectique entre le « moi » et le « monde ».  Là, un lien symbolique connecte notre propre subjectivité à l’objectivité des circonstances et des situations que nous rencontrons et que nous vivons. 

Tout ceci se résume en une phrase : ce qui importe, ce n’est pas l’événement en soi, mais le sens que nous lui donnons, dans la juste mesure de ce qu’il dit sur nous et à propos de nous.