7. En quoi l’astrologie se distingue-t-elle des arts divinatoires ?

 

Relisons le « Petit Larousse » (Édition de 1959) : « l’astrologie est l’art de prédire les événements ». Aujourd’hui encore, pour ses détracteurs comme pour nombre de ses partisans, l’astrologie est (et n’est que) l’art de prophétiser l’avenir … 

Certes, et parce que l’astrologie se fonde sur des cycles, il est possible et tentant d’en user pour esquisser de subtiles conjectures.  Or, nous avons beau calculer le moment où le soleil favorisera l’épanouissement de nos roses, il ne se passera rien si nous n’avons préalablement entretenu nos rosiers…

Le temps astrologique n’existe pas indépendamment de ce que nous sommes et de ce que nous faisons.  Les événements ne sauraient exister par eux-mêmes, comme si nous n’avions plus qu’à les rencontrer. 

En fait, l’astrologue qui prétend prédire l’avenir répond à une attente : « que va-t-il se passer ? ».  La question posée n’est donc pas « que puis-je faire ? » mais « qu’est-il prévu que je fasse ? » En acceptant de répondre à ce genre d’interrogation, l’astrologue ne fait qu’extrapoler dans le futur le scénario qu’une personne est en train de vivre aujourd’hui. 

Par exemple, plutôt que d’éclairer le consultant sur les raisons de son inquiétude quant à la fragilité de son couple, un transit planétaire suffirait pour déclarer : « vous divorcerez au jour dit ! »  On devine l’absurdité et le danger d’une telle annonce, surtout si cela fait écho à l’appréhension du consultant et alors qu’on ne lui donne pas le moyen de se départir d’un tel verdict. 

Pour en finir avec les prédictions, il convient de nous remettre à l’endroit.  À savoir, de nous resituer au centre du rapport susceptible d’exister entre chaque situation et ce que nous vivons au-dedans de nous.  Le rôle de l’astrologue n’est donc pas de prédire l’événement en tant que tel, mais de cerner l’histoire de son consultant et de l’éclairer sur ce qu’il est en train de vivre. 

Dès notre naissance, nous sommes dans un face à face.  D’une part, notre monde intime; de l’autre, la réalité extérieure. Tout part de cette relation duelle. 

Cependant, avant que n’ayons atteint l’âge (dit) adulte, nous ne pouvons encore comprendre « ce qui nous arrive » et encore moins diriger le cours des choses : « cela » se produit en nous et malgré nous.

Plus tard, nous cherchons à comprendre ce qui influence nos comportements.  Or, comme la psychologie, l’astrologie contribue à donner du sens  à ce que nous vivons aujourd’hui à partir des situations que nous avons vécues durant notre enfance.  Non sans préciser que, ce que l’astrologie décrit à travers les symboles et les métaphores, c’est la portée subjective du souvenir que nous avons de nos premiers pas dans la vie. 

Le piège est ensuite d’extrapoler ce « déjà vu » ou ce « déjà vécu » dans le futur et de supposer que les mêmes causes produiront les mêmes effets.  Ce serait oublier que l’une des particularités de l’être humain est de délibérer, de débattre dans son for intérieur, de changer…

L’astrologie ne saurait donc faire des pronostics sur les événements à venir.  

Certes, elle ne manque pas de dire que nous sommes animés par une « finalité » psychique.  Mais celle-ci ne s’inscrit pas dans l’axe d’un destin absolu, mais dans celui d’un projet.   On peut considérer que c’est là jouer avec les mots...  Toute la subtilité de ce qui différencie un « destin » d’un « projet » réside dans le fait qu’un « destin » s’impose à nous, alors que notre « projet » psychique en appelle à notre créativité responsable.

Percevoir ce processus, l'éclairer et l'observer dans notre biographie, c'est bien entendu préfigurer...  Mais, en cela, il ne s’agit pas d’annoncer notre avenir, mais de cerner quel est le besoin profond qui suscite notre devenir !