5. Comment et pourquoi l’astrologie retient-elle l’instant de la naissance plutôt que celui de la fécondation ?

 

Pour saisir la portée de l’instant clé de notre naissance, considérons ce qui élabore notre identité. 

Est-ce la complexité de notre nature biologique reçue en héritage lors de la fécondation? 

Est-ce le fait de « venir au monde » dans une culture et un moment particuliers ? 

Ou serait-ce plutôt le prodige d’une émergence, celle de l’être en soi, celle de l’être pour soi ?

L’astrologie ne peut évidemment ignorer notre double conditionnement génétique et social (ou culturel).  Mais, ce qu’elle met plus précisément en exergue, c’est la nouveauté extraordinaire de notre sujet conscient

Or, comment pourrions-nous franchir, en quelques années, le seuil décisif de la pleine conscience (de soi) si nous ne bénéficiions (aussi) d’une compétence psychique, régulièrement associée à l’inconscient collectif ?

Précisons que cet inconscient originel n’est pas celui de la biologie lorsqu’elle explore nos instincts.  Il n’est pas davantage l’inconscient freudien.  Il est plutôt un champ symbolique reçu et traité par la conscience. 

Rejoignant en cela (et prudemment) certaines philosophies de l’esprit et certaines hypothèses quantiques, l’astrologie estime que la conscience ne peut résulter uniquement de l’action des neurones.  Ce faisant, elle voit en chacun de nous un processus d’émergence, certes rendu possible par l’activité de nos neurones, mais ne se limitant pas à celle-ci. 

Dès lors, et bien que nous venions au monde avec un corps « prêt à naître » et dans un contexte culturel prêt à nous solliciter dans notre humanité, la thèse astrologique est d’explorer ce que nous puisons « aussi » dans une sorte d’univers parallèle et de nature psychique.

Ceci suffit-il pour attester l’importance du déclic de la naissance que privilégie l’astrologie ? 

Relevons que c’est à notre naissance que notre « ça* » biologique commence à se subjectiver ; à savoir à découvrir sa nature individuelle en tant que sujet capable d’observer son rapport à la réalité. 

L’astrologie y voit le principe d’un sujet en devenir qui aspire à se réaliser.  Ce sujet ne découle pas exclusivement des processus biologiques qui nous permettent de vivre ; il est aussi l’extériorisation de la psyché, telle qu’elle a évolué dans l’univers, à l’instar de la matière.

Se pose alors la question de savoir si cette psyché est elle-même dépendante de la matière ou si elle est un autre aspect de la réalité se dévoilant depuis un domaine infiniment subtil et qui aurait les mêmes propriétés qu’un champ quantique ?

Osons l’hypothèse suivante : le moment très particulier de notre naissance provoque incontestablement une altération de notre intégrité physique et amniotique*.  La conjecture astrologique est d’y considérer la mise en alerte d’une dimension psychique jusque-là sous-jacente. 

L’incommensurable champ propre à la conscience collective (composée depuis l’aube de l’humanité) se cristalliserait ainsi dans le présent unique de chaque naissance, en une sorte de bulle de temps quantique, elle-même en écho à l’état global du monde.  Ce qui revient à dire que si, au moment de naître, nous sommes capables de saisir en quoi notre corps se distingue (dans l’espace) de tout ce qui l’entoure, nous sommes aussi et tout autrement « saisis » temporellement dans notre part d’humanité, même s’il n’est encore question que d’un « vase à remplir ».

Il en résulte que si notre histoire personnelle se confond avec une stratification d’expériences successives sur un mode horizontal, elle en appelle également à la percée verticale de notre être même, tel qu’il s’identifie au scénario intime qui lui est donné de vivre à travers ses multiples expériences.