4. Comment l’astrologie analyse-t-elle notre personnalité, tout en prenant en compte nos déterminants héréditaires et nos marqueurs culturels, sociaux et éducatifs ?

 

Le destin exclusivement astrologique n'existe pas.  Il ne saurait remplacer le déterminisme des causes naturelles (notre hérédité), ni le rôle des conditions sociales (notre milieu). 

Au moment de naître et grâce aux gênes transmis par nos parents, toute l’histoire biologique de l’humanité nous est transmise.  Puis, rapidement,  nous sommes en contact avec un deuxième héritage : celui de notre milieu et de notre culture.  Lui aussi conditionne nos premiers pas, à mesure que nous observons et que nous imitons les autres, plutôt que de devoir tout réinventer : le langage, les attitudes sociales, les connaissances…

Considérons donc que nous sommes chacun le double produit de l’histoire de la vie et de l’histoire des hommes.  Il en résulte, inscrite en nous, une banque de données contenant des programmes et grâce auxquels nous sommes aptes à décoder les signaux qui nous viennent de l’extérieur.

La thèse principale de l’astrologie est d’y ajouter un troisième héritage, tout aussi essentiel.  Il découle, à un niveau psychique cette fois, des innombrables sédiments dont l’humanité est faite et à partir desquels nous allons, chacun, élaborer le prodige de la conscience.

C’est cet univers sous-jacent que l’astrologie transpose en un véritable théâtre intérieur qui, à certains égards, rejoint l’élaboration des anciens mythes de même que les instances décrites par la psychanalyse.  Il s’agit là, avant tout, d’un ciel intérieur.  C’est un arrière-plan archétypal qui remet en question l’idée selon laquelle, à la naissance et sur le plan psychique, nous serions une simple tablette de cire, vierge de toute inscription. 

Au moment d’analyser les différentes facettes de notre personnalité, l’astrologie ajoute donc, à nos déterminants héréditaires et à nos marqueurs culturels, sociaux et éducatifs, le champ subtil et sous-jacent de la psyché.  Car notre personnalité n’est pas seulement modulée par nos gènes et par les multiples signaux reçus de notre environnement ; elle est aussi préfigurée par des éléments psychiques inscrits dans notre imaginaire et dont, précisément, l’astrologie s’occupe.  Non sans préciser que tout cela ne s’exprime pas de soi-même et en soi-même, mais en réponse aux incitations qui nous parviennent.

Ceci remet en question le prétendu pouvoir de l’astrologue : celui de décrire par avance le détail de toute une vie.  Son véritable et juste propos est d’éclairer en quoi certaines situations sollicitent en nous des réponses spécifiques, elles-mêmes révélatrices de notre univers intérieur.

Toutefois, l’astrologie va plus loin lorsqu’elle considère (en chacun de nous) le principe d’un projet intime, tel qu’il nous incite, subconsciemment, à manifester « celui » que nous sommes.  Car si nous sommes saisis par le monde et si nous lui répondons en manifestant nos aptitudes et nos prédispositions, réciproquement nous nous saisissons aussi du monde, en raison de notre besoin irrésistible de nous y accomplir.

Cette « arrière-monde » psychique (Nietzsche) n’est pas une trame figée sur laquelle il nous suffirait de calquer nos prédispositions psychologiques.  La « psyché » est en perpétuel mouvement et nous contribuons chacun à l’enrichir, tandis qu’elle nous souffle l’idée d’un but personnel à réaliser dans notre vie, but qui se confond avec l’extériorisation et l’accomplissement de notre potentiel, en tant que personne unique.

Or, dans les premières années de notre vie, « cela » se produit en nous et « cela » agit malgré nous...  Notre projet personnel y trouve pourtant son compte.  En effet, en répondant sur un mode très personnel à tout ce qui nous sollicite, nous préfigurons ce qui fera sens pour nous.  Ainsi, à travers les innombrables étapes de notre parcours, notre profil se dessine, nos potentialités se manifestent, notre caractère particulier se construit.

Vient alors, parfois, à un moment ou à un autre, le besoin de nous délivrer de l’influence qu’ont eue sur nous les conditions culturelles et parentales, alors que nous faisions nos premiers pas dans l’élaboration de notre sujet conscient.  Il y est question de nous reconquérir nous-mêmes en reconsidérant et, si nécessaire, en rejetant les réponses et les valeurs qui nous ont été imposées. 

Ceci valide les paroles de Pindare (518 – 438 av. J.-C., l'un des plus célèbres poètes lyriques grecs) et que Nietzche reprend à son compte : « deviens qui tu es ».  D’où l’importance d’une volonté aussi éclairée et lucide que possible, à seule fin d’explorer et de reconnaître notre potentiel (c’est le « connais-toi toi-même » de Socrate), pour ensuite le réaliser.  Car comment « devenir » celui que nous sommes ou que nous serions déjà, si ce n’est en reconnaissant que nous ne le sommes qu’en puissance ?

Pour nous accompagner dans cette découverte, l’astrologie nous propose un outil à la fois conceptuel et symbolique grâce auquel nous pouvons reconnaître, dans notre propre histoire, les étapes d’un véritable affleurement, celui du monde imaginaire qui, au même titre que notre hérédité biologique et que notre héritage culturel, préside, pas à pas, à notre prise de conscience.