3.  Quelle est la nature exacte de notre relation au ciel ?

Depuis quelques décennies, des engins fabriqués par l’homme se sont arrachés de l’attraction terrestre pour explorer le système solaire.  Au même moment, des télescopes géants scrutaient les confins de l’univers.  Et de constater deux choses essentielles.  1) Aucun dieu n’habite le ciel.  2) La banlieue du système solaire n’est rien en comparaison du cosmos infini…

À ce compte-là, comment encore accorder le moindre intérêt au ciel astrologique ?

Ensemble, l’astronomie et l’astrophysique ont effectivement démystifié la croyance en un ciel susceptible de gouverner la vie des hommes.

Les théories astrologiques sont-elles pour autant révolues ? 

Il est question aujourd’hui de les aborder sous un angle tout différent : celui d’une structure transversale entre le système solaire et le psychisme humain.  Cette structure se situe à un niveau infiniment plus subtil que celui d’un lien exclusivement physique entre les planètes et nous.  Nous pouvons comparer cette connexion à ce que décrivent les théoriques quantiques à propos de l’infiniment petit, là où l’on ne peut plus guère ausculter que des champs d’énergie et des échanges d’informations.  

Mais alors, quel est le propos actuel de l’astrologie ?  Il est d’utiliser une grille de lecture pour illustrer ce qui nous accorde, non plus aux astres eux-mêmes, mais à leurs symboles. 

Comme on le sait, le symbole relie deux réalités autour d’un même sens.  Ainsi, au cœur même de notre subjectivité, le symbole use de l’image et de la métaphore pour mettre en concordance ce qui nous anime dans l’imaginaire et les innombrables informations qui nous sollicitent de l’extérieur.

Or, les symboles astrologiques (fondés sur le système solaire et sur le zodiaque) ne nous parlent que d’une minuscule bulle périphérique, insignifiante en comparaison de l’univers tout entier. 

Il n’empêche, cette bulle est centrée sur l’humain tel qu’il se raconte des choses à propos de lui-même et de sa relation au ciel.  Illustrons cela, mais en sortant de l’exclusivité de la tradition astrologique occidentale.  Considérons brièvement l’un des idéogrammes chinois.  Ainsi, le mot «ciel», Tiān, est représenté par un homme qui ouvre les bras, ce qui symbolise un trait horizontal placé au-dessus de lui. Cet homme exprime ainsi l'idée que le ciel est la limite supérieure de son monde et de sa propre grandeur.

Voyons-y la matérialisation d’un ciel à notre portée et projeté sur le cosmos infini. 

Tel est l’horizon astrologique : un bestiaire symbolique qui se profile sur la voûte étoilée au point d’imaginer que le monde se limite à cette sphère à la fois visible, dans l’observation des étoiles, et fantasmée, en raison d’une montée en puissance d’images intérieures depuis notre psyché.

En définitive, retrouver la source mythique qui, autrefois, conféra une valeur symbolique aux astres, au point d’y voir des dieux vivants, c’est percevoir la frontière mystérieuse où dialoguent deux infinis, celui du ciel et celui de notre imaginaire. 

N’en doutons pas, si Dieu (nous dit-on) a créé l’homme à Son image,  l’homme a, lui aussi, façonné son horizon céleste à partir de sa subjectivité.

Certes, nous pouvons estimer que cette vision des choses est archaïque. 

En sommes-nous certains ? 

Aujourd’hui, la psychanalyse s’attarde à considérer, en chacun de nous, le mystère de la jonction dynamique entre notre sujet et l’objet du monde.  Quant à la physique quantique, elle met en évidence le rapport de force qui se noue entre les deux composantes de l’univers, la matière et la lumière, sorties ensemble de la structure unifiée de l’espace-temps.