1.   Pourquoi et comment prendre aujourd’hui la parole pour défendre l’astrologie et la démarquer des dérives commerciales qui la discréditent ?

 

Qu’un chercheur en astrologie (depuis plus de quarante ans) prenne fait et cause pour elle, quoi de plus compréhensible ?  Mais qu’il le fasse en dénonçant ce qui la dénature chaque fois qu’on en use à des fins mercantiles, c’est moins courant.

Bien sûr, on peut penser que je ne fais là que militer en faveur de ma profession ; alors qu’en fait c’est l’astrologie en tant que telle que j’entends défendre et réhabiliter. 

À propos de l’astrologie, tout se passe comme si on se devait d’être – radicalement contre ou complètement pour, sans nuance.   D’où un face à face entre les détracteurs et les inconditionnels de l’astrologie.  Entre eux, le dialogue semble impossible.  Les premiers estiment vain de l’examiner sérieusement ; les autres accordent aux planètes un véritable pouvoir.

L’astrologie a toujours suscité la polémique.  Toutefois, est-ce sa théorie et ses fondements qui sont en cause ?  Ne serait-ce plutôt son utilisation par des gens incompétents et sans scrupules ?

La controverse à propos de l’astrologie n’est pas nouvelle.  Force est de constater qu’elle fait l’objet d’exclusion de la part du « savoir » officiel.  On refuse de la considérer en tant que science humaine et le métier d’astrologue est tout juste toléré. À quand la chasse aux sorcières ?

Aux yeux des universitaires, il est certes ahurissant d’imaginer que l’astrologie puisse faire l’objet d’une enquête sérieuse.  À défaut de quoi, on la relègue dans un espace ludique où fleurissent la bonne aventure et les horoscopes de presse.

Ce que je sollicite en prenant fait et cause pour l’astrologie, c’est avant tout un débat d’idées.  Non sans proposer à ses détracteurs aussi bien qu’à ses partisans inconditionnels de renoncer aux affirmations péremptoires, aux critiques ou à l’éloge unilatérales, aux dérisions ou aux louanges par trop faciles. 

Mais, cela étant dit, quels arguments valider et valoriser pour une juste approche des fondements de l’astrologie.  A défaut qu’ils soient tous convaincants, souhaitons qu’ils soient au moins retenus comme plausibles, autrement dit estimables et donc dignes d’être plaidés.

Notons que si, dès ses origines, l’astrologie participait d'une représentation animiste de l'univers, elle préfigurait aussi (et déjà) une rationalisation des rapports de l'homme avec le cosmos.

Alors, comment valider l’astrologie ?

Reconsidérée dans ses fondements, elle ne saurait demeurer l'objet d'un spectacle où les trucages sont possibles, grâce au regard innocent d’un public crédule.

Quoi qu’il en soit, l’a priori des scientifiques ne contribue guère à une analyse en profondeur de ce que l’astrologie est et de ce qu’elle n’est pas

Renouvelons la question : comment démontrer le « fait astrologique » ? 

Fidèle à elle-même, la science réclame des preuves qu’aucune démarche symbolique ne saurait lui donner.  Car comment tester scientifiquement ce qui est un produit de l’imaginaire ?

Et si, à sa façon, l’astrologie était une première intuition de ce que d’autres disciplines, dites d’avant-garde, commencent aujourd’hui à mettre au jour ?  Pour relever ce défi, mon propos est de juxtaposer ici des balises en vue de restituer à l’astrologie son identité, considérant que ses fondements sont méconnus. 

Intégrer l’astrologie dans le monde moderne, c’est refuser de la limiter à la seule pratique de la «bonne aventure» pour la faire sortir de son ghetto. Ce qui suppose de tourner une page de l’histoire en coupant la branche prédictive de l’arbre astrologique afin de lui redonner la vivacité qu’elle mérite.

Une telle opération chirurgicale ne manque pas d’effrayer nombre d’astrologues.  Et pourtant, comment faire avancer l’astrologie sans cette amputation ? Comment peut-on, au 20e siècle et au seul examen d’une carte du ciel, se permettre de prévoir une réussite à un examen, un succès électoral ou une ascension professionnelle… ?