Entre terre et ciel

Manifeste pour une astrologie responsable

par Jacques Vanaise

 

Que veut dire « être responsable » pour un astrologue ?

C’est se sentir concerné par quatre axes d’implication:

-   Dénoncer les pratiques commerciales qui entretiennent et exploitent la crédulité du public en inscrivant l’astrologie dans un cadre essentiellement prédictif.

-   Rechercher et valider les fondements de l’astrologie en vue de l’intégrer dans la démarche à la fois rigoureuse et évolutive des sciences humaines.

-   Mettre au jour et revaloriser le rôle de l’imaginaire tel qu’il sous-tend le mystère de notre relation consciente au monde.

-   Solliciter le concours d’autres chercheurs, dans une optique interdisciplinaire et avec pour horizon l’émergence d’un nouveau paradigme rendant compte de nos liens avec l’univers.

 

 

Une controverse sans fin…

 

Face à face : les détracteurs et les inconditionnels de l’astrologie.  Entre eux, le dialogue semble impossible.  Les premiers estiment vain de l’étudier sérieusement ; les autres accordent aux planètes le pouvoir de les régenter.

Or, la raison ne déraisonne-t-elle pas en ne retenant de l’astrologie que ses dérives commerciales ?  Cela ne revient-il pas « à jeter le bébé avec l’eau du bain »…?

Approcher la thèse astrologique avec un véritable esprit d’ouverture suppose de s’écarter du scientisme hérité du 19e siècle qui s’évertue à n’y voir qu’une croyance d’un autre âge.

Certes, la philosophie des Lumières nous a libérés des dogmatismes (notamment religieux).  Mais cette révolution ne nous a-t-elle pas, du même coup, privés de notre part de mystère ?

Il est trop facile de caricaturer l’astrologie en n’y voyant qu’une mancie (une astromancie) susceptible de pronostiquer les événements futurs. 

À l’inverse, comment la valider ?

Fidèle à elle-même, la science réclame des preuves que la démarche symbolique de l’astrologie ne saurait lui donner.  Car comment tester scientifiquement ce qui est un produit de l’imaginaire ?

En attendant, nombre d’astrologues se disent capables de prophétiser l’avenir, considérant que personne n’échappe à son destin...  Ce faisant, ils jouent les pythies.  Mais le font-ils par conviction ou à force d’être interrogés sur l’avenir ?  Ce qui les encourage à transposer en une pseudoscience une intuition poétique qui, à l’origine, il y a 5000 ans, a fait naître les premiers mythes.

Il est temps de contrer les prises de pouvoir que certains astrologues s’autorisent vis-à-vis de leurs consultants.  Et donc, d’éprouver leurs discours trompeurs.  Et de dénoncer les prédictions annuelles qui ne sont jamais évaluées a posteriori, mais dont les auteurs tirent profit en encourageant la naïveté du public.

Les horoscopes quotidiens n’ont évidemment aucune valeur, d’autant plus qu’ils ne considèrent que notre seul signe de naissance.

Alors : rejeter l’astrologie en bloc ?  Ce serait agir comme nous l’avons dénoncé plus haut: tout jeter, sans essayer de distinguer le bon du mauvais … 

 

Aux yeux des scientifiques, il est et il reste compromettant de s’intéresser à l’astrologie. 

Or, des chercheurs éminents élargissent aujourd’hui le champ de leur analyse, au risque d’être déconsidérés, dès lors que ce qu’ils étudient n’entre pas dans le cadre habituel et convenu des «vraies» sciences.  Leur position est donc des plus inconfortables.  Et lorsqu’il leur arrive d’accorder quelque intérêt à l’astrologie, plutôt que de contribuer à son crédit, les voici disqualifiés aux yeux de leurs confrères.

Par des chemins différents, science et philosophie devraient pouvoir se dégager de l’obligation de nier, a priori, toute théorie étrangère à leurs propres conclusions ou hypothèses.

Et si nous tentions de rassembler quelques arguments en faveur de l’astrologie ? Après tout, elle n’est peut-être qu’une première intuition de ce que d’autres disciplines, dites d’avant-garde, commencent aujourd’hui à mettre au jour…

Car, en retrait des théories traditionnelles et des concepts classiques se profilent, peu à peu, d’autres idées et d’autres interprétations, totalement nouvelles, bien que renouant parfois avec la vitalité des anciens mythes. 

Relevons aussi qu’une part subtile de nous-mêmes se rebelle contre les balises imposées par un rationalisme étroit qui finit par nous frustrer, surtout si nous aspirons à donner du sens au monde ; et donc, à ne pas seulement l’expliquer, mais aussi à le comprendre. 

C’est dans cette perspective que j’entends aborder ici l’astrologie en tant que modèle symbolique, la considérant comme une hypothèse de travail ou de recherche, non comme une croyance.  Évitons par conséquent le double piège de l’arbitraire : exclure systématiquement tout ce qui est jugé comme étant irrationnel ou, au contraire, prendre inconditionnellement et inconsidérément le parti de l’astrologie.

 

Comprendre notre présence au monde, saisir ce qui fait notre humanité, nous relier à l’histoire de l’univers, pressentir ce qui est (en­core) en germe tout au fond de nous (que ce soit individuellement ou collectivement) : autant d’objectifs auxquels peut répondre l’astrologie, à condition de reconsidérer son juste propos.

Promouvoir l’astrologie suppose tout d’abord de la réhabiliter, tant elle est discréditée par les pratiques qui s’en réclament.  La titulariser parmi les sciences humaines réclame un consensus théorique à la base de son protocole d’analyse et d’expérimentation.  La valider au point d’y pressentir un nouveau paradigme (ou, comme la désigne certains auteurs, une « science du futur ») re­quiert une révolution épistémologique au cœur des diverses disciplines concernées par l’étude du phénomène humain et de sa filiation avec l’univers. 

Dans sa pratique, l’astrologue est le témoin de l’affleurement d’un monde (à la fois psychique et quantique) qui caractérise notre spécificité humaine. Ce monde « souter­rain » rejoint le continent immergé qui, autrefois, nourrissait le mythe et qui, aujourd’hui, pourrait nous inspirer des réponses innovatrices, face aux su­jets brûlants de l’actualité. 

Nous sommes pour la plupart plongés dans un matérialisme dominant, tandis qu’ici ou ailleurs quelques fanatiques imposent dangereu­sement leur intégrisme meurtrier. 

Notre modernité planifie ce que le monde a de « machinable », pour reprendre la formule d’Heidegger. La réalité est ramenée à sa valeur d’usage et le modèle de l’efficacité est désormais l’usine. 

L’homme est déconnecté de son « imagi­nal ». Il fonce à tombeau ouvert et ceci n’est pas seulement une métaphore. 

Nous avons succombé au mirage de la technique, au vertige du calculable, au charme de la fabrication. D’où l’urgence d’un humanisme renouvelé. Au risque, sinon, de nous exposer aux pires égarements. 

 

La mise au jour d’une autre perspective, à l’opposé d’un monde déserté par l’être, réclame une reliance entre nos deux hémisphères cé­rébraux (raison et intuition), mais aussi entre notre investissement superficiel dans le monde et le continent immergé de notre imaginaire, pro­messe d’autres devenirs.

Nous accompagner en vue d’une meil­leure connaissance de nous-mêmes, explorer nos aspirations les plus profondes, donner un nouvel éclairage aux grandes étapes de notre histoire intime et aux diverses facettes de notre relation au monde et aux autres…, autant d’aspirations et d’investissements qui honorent une saine pra­tique de l’astrologie… 

Ajoutons-y le souhait de réenchanter le monde, à l’encontre de tout défaitisme, mais aussi dans un cri d’alarme dénonçant l’appauvrissement culturel et la mainmise con­sumériste sur les comportements humains, ces dérapages étant aussi inquiétants que ce que signalent des biologistes, alertés par la pollution de notre biosphère…

 

Mais l’astrologie restera aux yeux de la science une croyance d’un autre âge tant que les astrologues ne balayeront pas devant leur propre porte et ne dénonceront pas les discours trompeurs qui dénaturent leur pratique. 

Il est évidemment impératif de montrer en quoi l’astrologie mérite de faire partie des sciences humaines, dans le cadre d’une réflexion philosophique quant à notre place dans l’univers, plutôt que d’être confondue avec la bonne aventure, la voyance ou la cartomancie.

En corollaire, on devine la responsabilité des astrologues, loin des dérives commerciales auxquelles ils se prêtent parfois, dès lors qu’ils sont les observateurs directs et privilégiés des productions imagées et symboliques de l’imaginaire.

Tel est le défi que les astrologues se doivent de relever.

Ce défi, je le relève en déclinant ici même ma réflexion en douze thèmes, chacun d’eux étant introduit par une question.  

Ces douze thèmes (faisant chacun l’objet d’un fichier que vous pouvez ouvrir à gauche de cet écran et numéroté de 1 à 12) sont indépendants les uns des autres, chacun d’eux pouvant être abordé séparément.  Mais ils sont aussi complémentaires les uns par rapport aux autres, puisqu’ils explicitent et approfondissent l’un ou l’autre point. 

Dans ce jeu de questions et de réponses, j’entends me concentrer sur le propos strict de l’astrologie, en espérant la valider, dès lors qu’il s’agit de l’aborder et de la commenter autrement.

Ce faisant, je pense introduire un certain nombre de notions relativement connues, mais resituées dans le contexte particulier de l’astrologie.

Se profile ainsi une série d’arguments susceptibles de promouvoir une autre perception de l’astrologie.

Non sans préciser qu’à propos de tout cela, j’aspire plus à dialoguer et à échanger, qu’à prétendre livrer quelque chose de complètement abouti.

Cliquez sur "articles disponibles" ci-dessus puis sur le fichier (de 1 à 12) de votre choix.

 

 

Douze questions et douze réponses

pour ausculter le code astrologique

 

 

Plaidoyer

1.   Pourquoi et comment prendre aujourd’hui la parole pour défendre l’astrologie et la démarquer des dérives commerciales qui la discréditent ?

 

Fondements

2.   Quels sont les origines et les vrais fondements de l’astrologie ?

3.   Quelle est la nature exacte de notre relation au ciel ?

4.   Comment l’astrologie analyse-t-elle notre personnalité, tout en prenant en compte nos déterminants héréditaires et nos marqueurs culturels, sociaux et éducatifs ?

5.   Comment et pourquoi l’astrologie retient-elle l’instant de la naissance plutôt que celui de la fécondation ?

 

Tradition

6. Au cours de son histoire, l’astrologie a-t-elle disposé d’une notoriété dans son domaine de compétences ?

 

Analyse critique

7.   En quoi l’astrologie se distingue-t-elle des arts divinatoires ?

8.   Le propos de l’astrologie est-il de prédire les événements ou est-il de nous accompagner dans la compréhension de ce qui fait sens dans notre vie ?

 

Pertinences

9.   Les connaissances actuelles (en physique, en astronomie, en neurologie et en psychologie) remettent-elles en question le propos de l’astrologie ou contribuent-elles à l’établir ?

10.   Et si, plutôt que d’être considérée comme un archaïsme, l’astrologie préfigurait un nouveau paradigme, décrivant notre présence et notre rôle dans l’univers ?

11.   Face à la crise sociale et sociétale), l’astrologie mérite-t-elle un regain d’intérêt dès lors qu’elle en appelle à un « savoir-être » ?

 

Éthique 

12.   Quelles sont les conditions d’une éthique et d’une déontologie sérieuses dans l’exercice de l’astrologie ?

 

 

 

 

 

 

Bien cordialement,

Jacques Vanaise

Autodidacte, philosophe, poète, chercheur en astrologie depuis plus de 40 ans, auteur de plusieurs ouvrages, dont « L’Homme-Univers » (Le Cri, Bruxelles, 1993) et « La Légende des signes » (Le Cri, Bruxelles, 2005).